Le Knowledge Graph sur Google France : Enjeux et impacts de la recherche sémantique

Rédigé manuellement le 5 décembre 2012 par

Nous l’attendions depuis plusieurs mois et cela a été officiellement annoncé le 4 décembre 2012 par  Ben Gomes, responsable de la recherche et du développement de Google, lors de l’évènement LeWeb12 à Paris.

Désormais disponible en France donc, c’est de loin le changement visuel le plus impactant que nous ayons vu sur les pages de résultats ces dernières années avec l’arrivée de la recherche sémantique.

Et pour cause, le Knowledge Graph occupe toute la partie droite des résultats de Google et près de 40% de l’espace !

Exemple lors d’une recherche sur le nom d’une personnalité : Michael Jackson

michael jackson sur le knowledge graph google France

Exemple lors d’une recherche sémantique sur le nom d’un monument ou d’un lieu : La Dent du Chat

Résultats sur la dent du chat sur Google

A noter que lorsque l’internaute clique sur le résultat d’une recherche associée, Google fait directement une nouvelle recherche pour afficher ces recherches associées juste en dessous de la boite de recherche :

Les recherches associees google graph

Exemple lors d’une recherche sur le nom d’un évènement : Grand Prix de Monaco

recherche sémantique sur Grand prix monaco

Exemple lors d’une recherche sémantique sur un mot à plusieurs sens : baie

résultat recherche web sémantique google

Dans cet exemple et pour le coup Wikipédia fait mieux en proposant la Baie (le fruit), la baie (informatique), la baie (architecture) alors que le Knowledge Graph ne trouve que le fruit et le nom d’une ville au Canada.

Bien que le mot « baie » ait 4 significations différentes dans la langue française : le fruit, la géographie, l’informatique, l’architecture, il reste encore quelques efforts à faire…

Autre exemple sur le mot « Abondance », Google ne trouve que la commune de Haute-Savoie, mais pas le fromage, ni le pape du SEO en France ;-)

Abondance

Les 3 applications du Knowledge Graph

1 – Proposer des réponses et résumés d’informations directement intégrés dans les pages de résultats sans avoir à visiter un site web et sortir du moteur de recherche.

2 – Permettre la recherche prédictive et sérendipité : C’est-à-dire de trouver quelque chose qu’on ne cherchait pas initialement et anticiper les prochaines recherches des internautes.

3 – Donner des informations sur le sens et les intentions de recherche qui se cachent derrière un mot clé. Notamment dans le cas de mot à plusieurs sens.

Lancé le 16 mai 2012 aux Etats-Unis,  l’objectif du Knowledge Graph de Google est de comprendre les relations entre les choses, entre les objets, les personnes, des faits, des documents, etc. mais également d’anticiper sur les prochaines questions et recherches des internautes.

Via l’acquisition de Metaweb, Google dispose aujourd’hui de 570 millions d’objets et de 18 milliards de relations et connexions entre eux, versus 4 millions de pages Wikipédia…

Enjeux de la recherche sémantique Google

Cette grande place occupée, est à l’image des enjeux et des ambitions de Google dans la recherche sémantique mais pas uniquement.

Il s’agit avant tout pour Google de réussir à conserver les internautes plus longtemps sur ses pages de résultats, afin de concurrencer Facebook et bien sur inciter les internautes à faire plus de recherches, découvrir plus de résultats, pour afficher plus de publicités Adwords.

Les enjeux pour Google

–           Garder plus longtemps les internautes sur son site comme sur Facebook

–           Générer plus de revenus publicitaires via Google Adwords, via l’augmentation du nombre de recherches par utilisateurs

–           Concurrencer Siri d’Apple et se renforcer sur la recherche mobile

–           Pousser encore Plus à utiliser son service Google+ (Search Plus Your World)

Les impacts pour les éditeurs de sites

–           Une opportunité pour mieux valoriser leurs présences via les « rich snippets »

–           Un risque de perte de trafic pour certains sites, Wikipédia par exemple ?

–           Une opportunité de développer de nouveaux contenus « riches » et structurés

Les impacts pour les internautes

–           Découvrir plus de contenus pertinents et d’informations rapidement

–           Risque de manipulation de l’information selon Google, et d’enfermement dans son réseau social (A lire « the filter bubble » d’Eli Pariser)

Et vous que pensez-vous de l’arrivée du Knowledge Graph en France ? Avez-vous des exemples amusants ou surprenants de résultats d’une recherche sémantique sur Google à partager ?

Si le sujet du référencement sémantique, c’est à dire l’application du web et de la recherche sémantique en SEO, vous intéresse, inscrivez-vous en avant-première à notre conférence SEOmantique du 22 janvier 2013 à Paris.

Par David Degrelle

Fondateur, Ex-président de 1ère Position.

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20 commentaires pour “Le Knowledge Graph sur Google France : Enjeux et impacts de la recherche sémantique”

  • Par Tom@oweia oweia.net, le 5 décembre 2012 à 17:08

    Hidden due to low comment rating Click here to see.

  • Par Julien tessonneau.fr, le 5 décembre 2012 à 17:12

    Il est clair que l’objectif de Google est de garder un maximum les utilisateurs sur le moteur. Les revenus Adwords vont peut être augmenter sur le long terme, les utilisateurs prenant de plus en plus le réflexe Google pour toutes les recherches d’infos. Mais c’est à se demander si ce n’est pas déjà le cas. A court terme, ça semble être l’effet inverse, par exemple sur la requête « michael jackson », nous avions des annonces publicitaires proposant la vente d’albums ou goodies ce qui n’est plus le cas. A suivre… même si je ne m’inquiète pas pour Google ;) !

  • Par David Degrelle leplus.nouvelobs.com/david_degrelle/mes-reactions.html, le 5 décembre 2012 à 17:41

    @Tom : J’attends avec impatience de voir Facebook se bouger plus et monter son propre moteur de recherche, toutefois Google est devenu une telle marque pour la recherche d’informations que je ne pense pas que Facebook puisse venir y changer quelque chose.

    Au mieux son moteur sera complémentaire en terme d’usage à celui de Facebook car ne rêvons pas FB n’aura pas la capacité malgré tout l’argent du monde à développer un moteur aussi puissant et pertinent que Google a mis plus de 10 ans à bâtir.

    @Julien : C’est ce qui me surprend le plus à vrai dire, à savoir que Google semble avoir bien pris la décision de supprimer la colonne de droite où se trouvait les liens Adwords pour privilégier le Knowledge Graph.

    Idem pour les résultats de Google Maps dont la carte apparait également depuis quelques mois dans cet espace de droite, moins propice aux clics, c’est donc un moindre mal pour Google qui va je pense généraliser les Adwords en haut et en bas des résultats avec une part plus importante des résultats sponsorisés au détriment des résultats organiques, comme cela est déjà le cas et bien regrettable de la part de Google.

    D’ailleurs Google va rendre payant Google Shopping : http://www.1ere-position.fr/blog/google-shopping-referencement-payant

  • Par lereferenceur lereferenceur.fr/blog, le 6 décembre 2012 à 09:29

    Les internautes ont servi Google depuis sa création et maintenant Google se fout de nous.
    Grâce à lui une baisse significative des visiteurs. Certains disent allons sur Bing et bloquons Google Bot. A quoi bon ? Puisque du point de vue des internautes ce système est meilleure. Alors eux resterons sur Google.

    Bref on s’est fait eu ^^

  • Par Média Camp media-camp.fr, le 6 décembre 2012 à 09:55

    Je pense que cette étape n’est que transitoire, comme toujours avec Google. Actuellement, l’impact sur l’audience de nos sites sera limitée…

    Ce qui m’inquiète, c’est à plus long terme, lorsque Google sera capable de répondre à tout type de questions. Allons nous créer des contenus gratuitement, qu’il va agréger et proposer directement dans ses SERP sans renvoyer sur le site de l’éditeur ?

    En plus, son algo demande de limiter le nbre de publicités sur nos sites (règle que lui ne s’applique pas bien entendu). C’est quoi la prochaine étape ?

    On peut dire que c’est une avancée pour l’internaute, mais il viendra un moment où le web va se limiter au champ de quelques grands groupes US, complètement bouffé par le marketing. Ce jour là (et il approche à grands pas), il sera loin le web dont nous avions tous rêvé, fait de diversité, d’ouverture, d’indépendance et de neutralité…

    Au delà des analyses SEO et marketing court termistes, il faut se demander vers quoi on tend, et c’est pas jojo, notamment à cause de la personnalisation des résultats qui grignote la diversité des SERP et nous enferme dans des schémas de pensée de moins en moins variés.

    Bref, réjouissez vous pendant qu’il est temps (micro format, performance techniques, opportunités…), mais je crois que tout ça n’augure rien de bon à moyen terme.

  • Par Quentin jecreemacave.com, le 6 décembre 2012 à 11:48

    Je ne sais pas ce que ça va donner niveau référencement et impact sur les visites. Mais je me pose une question : où est l’Adword ? Parce qu’avec une bannière comme celle-ci, il est impossible de placer les célèbres pubs. Comment Google se fait-il de l’argent avec ça ? :D

  • Par Buzz de Dakar buzzdakar.com, le 6 décembre 2012 à 12:03

    Il faut que j’ouvre les yeux, car Google ne fait plus rien gratuitement. Au moment son adwords est critiqué pour ne pas respecter les consignes de référencement, GG ne permet de céder son espace publicitaire à ce nouveau Knowledge Graph.

    Je crains qu’à l’avenir les informations qui sortiront sur son Knowledge Graph soient sponsorisées. Histoire d’atténuer la polémique sur son fameux Adwords.

  • Par Evenstood univers-guerre.com, le 6 décembre 2012 à 13:03

    Encore un pas de plus vers la privatisation des résultats Googleliens…Le géant ne sait plus trop comment attirer les clics sur les adwords alors il s’oblige à faire tout ce qui peut pour que l’internaute trouve l’informations sans même allez sur un site internet…

    Un tournant dangereux qui pourrait fortement nuire à nos travaux de SEO.

  • Par baxxx , le 6 décembre 2012 à 13:17

    Ce matin, j’ai assisté à une démo de Google Now qui s’appuie sur le knowledge graph. C’est impressionnant et effrayant en même temps. Grâce à la géoloc, tes mails, ton agenda et tes habitudes de navigation, Google now te pousse des résultats sans même que tu ne fasses de recherche. Par exemple, si tu as reçu ton billet électronique pour prendre un vol d’avion, s’affiche alors le plan de l’aéroport et comment accéder à ta porte d’embarquement, les conversions de devises du pays où tu te rends, la météo … il t’indique combien de temps tu vas mettre pour te rendre à un rdv noté dans ton agenda, les itinéraires possibles pour t’y rendre. Il n’y a pas à dire, c’est très utile pour l’internaute mais ca sera une perte énorme à mon avis pour les sites qui te donnaient ce type d’info.

  • Par kantandane , le 6 décembre 2012 à 20:37

    En tant qu’utilisateur, l’arrivée de ce système me réjouit bien entendu, à l’utilisation, c’est tellement agréable de ne pas avoir à jongler entre les sites (mais également tellement dangereux comme vous le soulignez plus haut).

    Je crains également pour les auteurs des contenus, et me demande à terme comment cela va évoluer … ne serait-ce qu’au niveau légal ! Les auteurs Français (Google Lex) ne flairaient-ils pas cela ? Je n’affirme rien, je me pose simplement la question.

    En tout cas l’article est excellent, merci !

  • Par kenicki materielbtp.fr, le 6 décembre 2012 à 22:08

    Google transforme tranquillement son moteur de recherche minimaliste en portail d’information complet.
    Sa stratégie est claire : garder les internautes un maximum de temps sur son portail pour ensuite placer sa pub et ainsi engranger un max de bénéfice.
    Par contre est-ce que cette nouveauté ne va pas se retourner contre lui… Puisque Google propose lui même l’affichage de ses résultats, ils devront être nécessairement pertinents sinon l’internaute pourrait se lasser, non ?
    Il est vrai qu’avec le concurrence de Facebook et consœur, google se doit de progresser et de proposer autre chose.
    Il faudra voir dans quelques temps si le Knowledge Graph apporte un réel plus à l’internaute, mais je ne doute pas de la force de persuasion de Google ;-)

  • Par Johanna , le 7 décembre 2012 à 08:48

    A ce rythme, toutes les infos au dessus de la ligne de flottaison seront captées par des services Google ! C’est d’ailleurs le cas sur certaines requêtes, comme pour le tourisme/hôtellerie : AdWords , Hotel Finder, Maps, Google Image… « grignotent » tout l’écran !

  • Par Tom@oweia , le 7 décembre 2012 à 09:24

    @David Bing peut être la clé pour FB + les milliards de données collectées via les « like ». C’est une vision prospective, c’est évident.

  • Par David Degrelle david.degrelle.info, le 7 décembre 2012 à 10:38

    @Media Camp : Entièrement d’accord avec toi, merci de ta contribution.

    @baxxx : Super intéressant et effrayant comme tu le dis, merci du partage de cette infos et hâte de le voir en live !

    @Tom : Attention de ne pas sou-estimer le pouvoir d’une marque comme Google qui est devenu un générique comme l’est frigo anciennement la marque frigidaire, je ne crois pas que les utilisateurs migreront de Google vers un moteur Bing+FB pour cette raison.

    @Johanna : Tout à fait, Google est clairement en train de réduire la place au naturel dans ses SERP’s au profit de ses services payants…

  • Par Arnaud , le 7 décembre 2012 à 12:44

    Il y a vraiment de belles choses à exploiter. Il y en a qui perdre, d’autres qui vont gagner, comme à chaque fois. J’espère gagner cette fois ci ^^ en tout cas, ça marche pour mon site pro, me reste plus qu’à faire afficher le logo de mon entreprise.

  • Par Patrice de Marketing Gagnant , le 8 décembre 2012 à 09:34

    Je pense que les adwords y sont plus « noyés ». Mais n’est pas là aussi un avantage pour Google.
    Point de vue intérêt de ces résultats, mes quelques brèves recherches me donnent de très bons résultats.
    Merci pour ces explications David.

  • Par antoine , le 11 décembre 2012 à 12:14

    @quentin: ou est l’adword?
    Avant tu cherchais michael jackson dans google, qui t’envoyai sur wikipedia (ou autre), puis, après avoir consulté sa discographie tu te rendais sur amazon pour acheter un album.
    Maintenant tu cherche jackson sur google, tu consultes sa discographie directement, tu clique sur l’album que tu cherches, puis tu te rends sur amazon via le lien adword.

    Bon je suis mauvaise langue, le lien adword est en bas de page… pour combien de temps?

  • Par Bob , le 13 décembre 2012 à 11:23

    En tant que user, je ne peux que me réjouir de l’arrivée du knowledge graph, cela évitera de jongler perpétuellement entre plusieurs sites!

  • Par Fred vuduweb.fr/referencement-naturel/developper-sa-visibilite-grace-a-la-semantique, le 18 décembre 2012 à 12:51

    Comme beaucoup l’ont déjà dit, je pense également que Google va évoluer de façon à devenir un portail d’informations complet. Beaucoup d’internautes vont sur Internet pour chercher une seule info (un nom d’acteur, l’artiste d’une chanson, etc…), au lieu d’aller sur Wikipédia ou Allociné, ils resteront sur Google car ils auront trouvé ce qu’ils veulent !
    Niveau SEO, il faut encore attendre je pense. Mais ce qui est certain c’est que l’usage des rich snippets ne devra plus être négligé (voir mon point de vue sur l’article en lien) !

  • Par Jérôme 1-clic.info, le 23 décembre 2012 à 14:45

    Je ne suis pas si sur qu’un jour FB ne pourra pas imposer un moteur de recherche. Pour beaucoup les société internet n’ont pas vraiment une grande image de marque comme pourrait l’avoir une marque de vêtements ou une marque de luxe. Les gens pourraient adopter FB si celui ci est intégré et facile à utiliser. Les gens ne consomment pas les services internet comme ils achètent des vêtements, le côté émotionnel n’est pas du tout le même.

    Concernant les recherches sémantiques on peut affirmer que Google prend en compte les stop words. il suffit de tester avec les recherches « dent de chat » et « dent du chat ». D’un côté Google reconnait l’animal de l’autre il reconnait le lieu. Ce que l’on affirmait pas forcément avant.